Die­sel souffle cette année ses 30 bou­gies. Depuis 1978, le label de Renzo Rosso est devenu la réfé­rence denim. Le fon­da­teur ita­lien, la cin­quan­taine, un brin mégalo, vou­lait célé­brer cet événe­ment digne­ment. Le 11 octobre, il conviait amis et fans à une fête inter­na­tio­nale, de 24 heures, en simul­tané dans 17 villes. De Tokyo à Milan, de Paris à Oslo, le busi­ness man du jean s’est accordé les ser­vices des meilleurs DJs pour fêter 30 ans de suc­cès. Et pour annon­cer tout cela, une vidéo promo détour­nant des films por­nos qui a fait le tour d’internet. Renzo Rosso est aussi le pro­prié­taire du groupe Only the Brave qui détient aujourd’hui Mai­son Mar­tin Mar­giela, Dsquared2 et Vik­tor & Rolf.Ren­contre avec l’homme qui vaut 1,3 mil­liard d’euro.
 
 
Quelles sont vos impres­sions concer­nant ce 30ème anni­ver­saire ?Je suis très fier de ce que j’ai réa­lisé ces 30 der­nières années. Quand j’ai monté ma boîte en 1978, je vou­lais créer un label avec une forte iden­tité, qui ins­pire des émotions et connecte les gens entre eux. Après tant d’années à tra­vailler à son déve­lop­pe­ment, Die­sel est par­ve­nue à deve­nir une marque life­style ouverte à 360°, créant un véri­table dia­logue avec ses adeptes du monde entier. C’était pour moi le plus impor­tant, la consé­cra­tion et c’est pour­quoi je suis très fier aujourd’hui.
 
 
Com­ment ont évolué la mode et le jeans depuis 1978 ?Il y a trente ans, nous étions les pre­miers à intro­duire le concept du jean pre­mium sur le mar­ché. Nous avons été à l’origine d’une petite révo­lu­tion en ame­nant avec nous, une nou­velle façon de por­ter le jean, qui a ensuite été imi­tée par d’autres marques.
 
 
Com­ment expliquez-vous que vos jeans soient deve­nus cultes?Nous avons atteint le sta­tut d’experts dans le mar­ché du denim à par­tir du moment où nous avons eu des fans de notre trai­te­ment vin­tage. N’oublions pas que nous créons chaque année 7 mil­lions de jeans 5 poches, avec cette capa­cité de décli­ner 880 réfé­rences pour que tout le monde trouve son style.
 
 
Quels sont pour vous les événe­ments mar­quants de la mode ces 30 ans der­nières années ?L’évolution de ma boîte, je pense, reflète celles de la société et de l’économie glo­bale. Par exemple, la Die­sel TV en 1990 est le sym­bole du chan­ge­ment dans la manière de com­mu­ni­quer des marques. Notre pre­mier flag­ship store à New York
en 1996, sur Lexing­ton Street est le sym­bole de l’expansion des marques à l’international. En 2000, avec l’acquisition de Staff Inter­na­tio­nal, nous avons pris un vrai tour­nant en lan­çant un prêt-à-porter pre­mium, haut de gamme. En 2004, la créa­tion d’une unité dédiée aux sacs et chaus­sures (photo) révèle l’importance de l’accessoire dans le busi­ness. Enfin en 2008, le lan­ce­ment du label, Die­sel Black Gold reflète les nou­veaux besoins du mar­ché et les nou­velles exi­gences — très poin­tues — des clients.
 
 
Pouvez-vous nom­mer vos icônes mode de ces 30 der­nières années ?Je n’ai pas vrai­ment d’icônes spé­ci­fiques. Je m’inspire sim­ple­ment des jeunes cool que je croise dans la rue, lors de mes dif­fé­rents voyages.
 
 
Vous avez orga­nisé une soi­rée de 24 heures en simul­tané dans 17 villes. La folie des gran­deurs ?Ce 30ème anni­ver­saire était l’occasion de prendre du plai­sir et de faire la fête avec tous les adeptes de Die­sel dans le monde. Le 11 octobre, j’étais à New York pour le final de cette grande fête avec tous les fans de Die­sel, mes amis connus ou pas et tous ceux qui avec une pas­sion constante ont fait de Die­sel ce que c’est aujourd’hui.
 
 
Sophia Koko­sa­laki, Mai­son Mar­tin Mar­giela, Dsquared2… Etes-vous vrai­ment inté­ressé par ces jeunes labels ? Busi­ness ou amour de l’art ?Avant tout, je suis com­plè­te­ment fan de tous ces créa­teurs, plus fan que pro­prié­taire. La liberté de créer fait par­tie de mon ADN. Je me rends dis­po­nible pour tous mes créa­teurs, autant dans le savoir-faire que pour les pro­blèmes de pro­duc­tion et dis­tri­bu­tion. Je veux qu’ils puissent se foca­li­ser sur la créa­tion.
J’ai tou­jours admiré la créa­ti­vité à l’état pur, libre, inno­vante et spon­ta­née. C’est pour cela que je veux déve­lop­per dans l’avenir ma ligne pre­mium — je pré­fère ce terme que luxe.
 
 
Jus­te­ment, com­ment envisagez-vous le futur ? Comptez-vous déve­lop­per tou­jours plus votre groupe, Only the Brave ?Je veux gar­der la même ligne de conduite. Inno­ver et sur­prendre mes fans avec des nou­veaux pro­duits et pro­jets. Comme Die­sel a révo­lu­tionné la façon de por­ter le jeans — de jour comme de soir -, nous aime­rions appor­ter quelque chose de nou­veau avec le groupe Only the Brave. Inno­ver, don­ner une nou­velle idée du luxe pour révo­lu­tion­ner le monde du prêt-à-porter. En fai­sant cela, j’aimerais construire un groupe réfé­rence pour la mode du futur.
Pro­pos recueilli par : Par Julie de los Rios
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