Depuis quelques sai­sons, les col­lec­tions de Dries Van Noten semblent s’être impli­fiées pour un laisser-aller de plus en plus convain­cant, en accord avec la volonté d’adoucir la bru­ta­lité du quo­ti­dien. Une décon­trac­tion qui gagne en lec­ture et pri­vi­lé­gie des pièces simples, par­fai­te­ment cou­pées. Un style hon­nête, impac­tant sans pour autant céder aux sirènes de la presse mode. Cette col­lec­tion semble être la conti­nuité de la col­lec­tion Homme et de ses man­teaux de teinte Camel ; ici, les vestes et les cabans sont pro­po­sés dans d’impeccables draps de laine sèche. Mais l’importance de cette pro­po­si­tion réside dans la palette des cou­leurs ins­pi­rée des tableaux de Fran­cis Bacon, quoique les teintes douces comme le rose cre­vette, l’ocre, l’orange, le mauve et le vert tilleul pour­raient avoir été piqués dans les nuances d’une palette de maquillage. En ces temps de grise mine, le spectre de ces cou­leurs douces et ras­su­rantes offre l’effet Pro­zac désiré, pas si éloi­gné des conseils beauté pour femmes d’antan où un rouge à lèvres peps suf­fi­sait à gar­der le moral face aux res­tric­tions d’après-guerre. Ce déluge de tons doux et vita­mi­nés est sou­li­gné d’une garde-robe simple où la rigueur d’une veste de tailleur ampli­fie la beauté d’une robe en soie rose pou­drée. Simple mais ter­ri­ble­ment efficace.

 

       
       
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 700 invi­tés au lieu de 2000, et embargo sur la tra­di­tion­nelle
fête hype : l’humeur a l’air en berne chez Marc Jacobs
où Robert Duffy, pré­sident, déclare clai­re­ment (au
WWD) « que ce n’est pas le moment de dépen­ser de l’argent
pour amu­ser le monde entier ». Le desi­gner, lui, reste bien décidé
à pour­suivre sa relec­ture mode du moment, décal­co­ma­nie d’images,
sa méthode de tra­vail pré­fé­rée. Cette sai­son,
cap sur les années Klaus Nomi. Coif­fure, make up et pano­plie sont
rac­cord à l’extravagance han­tée du contralto, rehaussé
par la vision cou­ture d’un Marc Jacobs tou­jours plus amou­reux de
son métier. Toutes les sil­houettes balancent entre le cir­cus et
l’atelier grand chic des années Palace, Stu­dio 54. Sur le
fil du rasoir, les baby­dolls tracent leur piste entre comique de rue et
l’élégance des beaux quar­tiers. La petite jupe bal­lon
sur car­di­gan à découpes en cash­mere et leg­gings à
volutes entre en piste, déjà bous­cu­lée par les maquillages
vau­de­vil­lesques, les coiffes barbe à papa, les pier­re­ries en sur­en­chère.
Les volumes ampli­fiés, les épaules sculp­tées au burin,
les pans car­rés flot­tants posent les pre­miers repères. Mise
à plat, la col­lec­tion est bour­rée d’achats coups de
coeur, de la cape en astra­kan blanc, à la veste à capuche
tri­an­gu­laire, du jean bleu ciel à taille haute et jambe étroite,
à la blouse de satin noire over­si­zed. Les man­teaux géo­mé­triques
affichent les cou­leurs Day­Glo de la rave party sous acide, rose cha­mal­low,
vert pomme, orange vita­mine, purple acide. Paillettes et bro­cards jettent
des éclats de lumière « cheap and chic », bleu,
vio­let et or. Les robettes du soir en satin lui­sant se plissent en accor­déon
et s’évasent en pans flot­tants, un rêve de clown triste
ou de mar­quise déclas­sée, à por­ter sur bot­tines à
noeuds rose.

 

       
       
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Source: madame.lefigaro.fr
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